CRÉATION 2024
Pièce pour 19 interprètes
Chorégraphie Angelin Preljocaj
Musiques G.Ligeti, W.A.Mozart, System of a Down, J-S. Bach, H. Guonadóttir, Chants médiévaux (anonymes), O. Messiaen, G.F Haas, J. Jóhannsson, 79D
Lumières Éric Soyer
Costumes Eleonora Peronetti
Vidéo Nicolas Clauss
Scénographie Adrien Chalgard
Assistant, adjoint à la direction artistique Youri Aharon Van den Bosch
Assistant répétiteur Paolo Franco
Danseuses / Danseurs Teresa Abreu, Angie Armand, Andréa Borfiga, Lucile Boulay, Liam Bourbon Simeonov, Elliot Bussinet, Araceli Caro Regalón, Leonardo Cremaschi, Mirea Delogu, Lucia Deville, Chloé Fagot, Clara Freschel, Mar Gómez Ballester, Erwan Jean-Pouvreau, Arturo Lamolda, Ayla Pidoux, Redi Shtylla, Owen Steutelings, Micol Taiana
Direction technique Guillaume Rouan
Régie générale / son Virgile Olivieri
Régie lumières Gaspard Juan
Régie vidéo Antoine Haurillon, Ambroise-Marc Poudevigne
Régie plateau Medhi Benrahou, Léo Burié, Juliette Corazza
Costumière Marie Pasteau
Crédit photographique Yang Wang, Didier Philispart
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Production Ballet Preljocaj
Coproduction La Villette - Paris, Chaillot - Théâtre national de la Danse, Festival Montpellier Danse 2024, Grand Théâtre de Provence, Vichy Culture-Opéra de Vichy
Le Ballet Preljocaj / Centre Chorégraphique National est subventionné par le ministère de la Culture – DRAC PACA, la Région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Département des Bouches-du-Rhône, la Métropole Aix-Marseille Provence et la Ville d’Aix-en-Provence. Il bénéficie du soutien du Groupe Partouche - Pasino Grand Aix-en-Provence, du Cercle des mécènes entreprises & particuliers, ainsi que de ses partenaires.


Comment cette pièce a-t-elle vu le jour ?
L’idée de travailler sur un requiem m’intéressait depuis longtemps. Beaucoup d’artistes l’ont fait, en musique évidemment, mais aussi en théâtre, en peinture… L’iconographie est extrêmement riche, ne serait-ce qu’avec les Pietà, ou les descentes de croix de Rubens. Et puis, en 2023, j’ai perdu beaucoup d’êtres chers : en premier lieu mes parents, disparus à six mois d’intervalle, mais aussi plusieurs amis. C’était donc le moment de se poser physiquement la question du deuil, et de créer une composition à partir des corps sur l’idée de la mort et de la perte. Paradoxalement, ce requiem chorégraphique est une façon de célébrer la vie. De ces blessures, qui ne se refermeront peut-être jamais, peuvent naître la joie de restituer la mémoire de ceux qu’on a aimés.
Vous parlez également de « procession des corps » à propos de Requiem(s). La pièce comporte-t-elle une dimension rituelle ?
Pour Émile Durkheim*, l’idée de civilisation a démarré le jour où on a commencé à enterrer nos morts. Il ne s’agit pas forcément d’être dans un recueillement triste ; il peut y avoir de la joie, de l’énergie. En Indonésie par exemple, il existe des endroits où on déterre les morts, on les habille, on les met à table. Il y a une sorte de plaisir à retrouver l’être cher qu’on a perdu. Sur les photos, on voit des gens en train de trinquer avec des corps qui sont presque à l’état de squelettes. C’est étrange, assez cocasse. De manière générale, l’idée de rituel, c’est-à-dire le fait de reproduire certains gestes, certains processus corporels, certaines façons d’être ensemble, induit du sens et génère des émotions, des sensations, qui sont nécessaires à ce qui fait civilisation. Donc mon espoir le plus grand, c’est que le spectacle soit, à la fois pour les danseurs et pour les spectateurs, une façon de se réunir autour de l’idée de la perte, de la mort, et de ce miracle qu’est le fait d’exister.
Les émotions que l’on peut traverser face au deuil sont multiples et parfois indéfinissables. Le pluriel suspendu de Requiem(s) était-il une façon de le signifier ?
Absolument. Le « (s) » renvoie aussi aux différents types de rituels qui sont en jeu dans le spectacle. Chacun d’entre eux correspond à une atmosphère spécifique, portée par une séquence musicale choisie. Les morceaux sont variés, et peuvent aller d’un extrait du Requiem de Mozart à des créations sonores faites pour l’occasion, en passant par des extraits de messes ou de cantates. Derrière ce «(s) » se loge en creux la multiplicité des références qui ont nourri la pièce, qu’elles soient audibles ou inaudibles, visibles ou invisibles. Le pluriel renvoie in fine à des enjeux liés à la création elle-même. Il y a plusieurs chemins pour créer des émotions, et proposer un spectacle, c’est faire une sélection. Choisir chaque jour, presque à chaque instant, une option qui va dessiner un chemin, et emmener la pièce – et donc le public – quelque part.
Extrait des propos recueillis par Raphaëlle Tchamitchian pour La Villette, avril 2024
*Émile Durkheim : sociologue français (1858-1917) considéré comme le père de la sociologie moderne (ndlr)
Né en région parisienne, Angelin Preljocaj débute des études de danse classique avant de se tourner vers la danse contemporaine auprès de Karin Waehner, Zena Rommett, Merce Cunningham, puis Viola Farber et Quentin Rouillier. Il rejoint ensuite Dominique Bagouet jusqu’à la création de sa propre compagnie en 1985.
Il a chorégraphié depuis 64 pièces, du solo aux grandes formes, dans un style résolument contemporain, alternant grandes pièces narratives avec des projets plus abstraits. Il s’associe régulièrement à d’autres artistes dans des domaines divers tels que la musique (Goran Vejvoda, Air, Laurent Garnier, Karlheinz Stockhausen, Thomas Bangalter), les arts plastiques (Fabrice Hyber, Subodh Gupta, Adel Abdessemed), le design (Constance Guisset), la mode (Jean Paul Gaultier, Azzedine Alaïa, Igor Chapurin), le dessin (Enki Bilal), la littérature (Pascal Quignard, Laurent Mauvignier) ou le cinéma d’animation (Boris Labbé)…
Ses créations sont présentées dans le monde entier et reprises au répertoire de nombreuses compagnies, dont il reçoit également des commandes comme le New York City Ballet, la Scala de Milan, le Ballet de l’Opéra national de Paris…
Il a réalisé également des courts-métrages et des films mettant en scène ses chorégraphies. Il a reçu plusieurs prix dont le Grand Prix National de la danse (1992), le Benois de la danse (1995), le Bessie Award (1997), Les Victoires de la musique (1997), le Globe de Cristal (2009), le Prix Samuel H. Scripps de lʼAmerican Dance Festival pour lʼensemble de son œuvre (2014). Son premier long-métrage, Polina, danser sa vie, réalisé avec Valérie Müller sort en salle en 2016.
En avril 2019, il est nommé à l’Académie des Beaux-Arts dans la nouvelle section chorégraphie. La même année, il crée Winterreise pour La Scala de Milan, ainsi que Soul Kitchen avec des détenues du Centre pénitentiaire des Baumettes à Marseille. Le documentaire Danser sa peine réalisé par Valérie Müller voit le jour la même année et livre un regard intime sur cette création en milieu carcéral. Le film remporte le premier prix Fipadoc en 2020.
Après Le Lac des cygnes en 2020 et Deleuze / Hendrix en 2021, il chorégraphie et met en scène l’opéra Atys de Lully pour le Grand Théâtre de Genève en 2022. Parallèlement, il imagine une courte chorégraphie pour l’application « Danse l’Europe ! », projet participatif ouvert à tous. Pour Dior, Il crée la chorégraphie et le film Nuit romaine avec les danseurs du Ballet de l’Opéra de Rome. Il participe par ailleurs à la série télévisée Irma Vep de Olivier Assayas, en tant qu’acteur et chorégraphe.
En 2022, il présente sa création Mythologies pour les interprètes du Ballet Preljocaj et du Ballet de l’Opéra de Bordeaux sur une musique originale pour orchestre de Thomas Bangalter. En 2023 il crée Birthday Party pour des interprètes seniors au Théâtre National de Chaillot sur une commande de l’Aterballetto et Torpeur au Festival Montpellier Danse. Sa création Requiem(s) a été présentée au Grand Théâtre de Provence à Aix-en-Provence en mai 2024. En décembre 2024, il crée la pièce Hommes au bain, commande du musée d’Orsay, dans le cadre de la rétrospective Caillebotte à Paris. La même année, il est nommé Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres.
En avril 2025, il présente au Théâtre de la Ville – Sarah Bernhardt, à Paris, sa nouvelle création LICHT, précédée de la pièce HELIKOPTER. Il reçoit en septembre 2025 le prestigieux prix Léonide Massine pour l’ensemble de son œuvre. En octobre 2025, il crée la pièce Femmes au bain dans le cadre du Festival de danse international de Tirana. (Albanie).
En 2026, le dyptique Hommes et Femmes au bain d’après Caillebotte et Degas, est présenté au Musée d’Orsay. Il reçoit le Grand Prix de la SACD en juin 2026.
Sa dernière création Soulèvement, sur une musique de Irène Drésel, sera présentée en octobre 2026 au Grand Théâtre de Provence à Aix-en-Provence puis au Théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt, à Paris.
Le Ballet Preljocaj compte aujourd’hui 30 danseuses et danseurs permanents et réalise en moyenne 120 dates par an dans le monde entier.
Jeudi 01 oct. à l'issue de la représentation | Grande salle — entrée libre
Traduit en LSF, en partenariat avec ACAL
Vidéoconférence
Mardi 06 oct. à 19h30 | CinéMAD — entrée libre
Traduit en LSF, en partenariat avec ACAL

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