Programme de salle

Thomas Lebrun

Sous les fleurs

durée : 1h07
Accéder à la traduction des interviews présentent pendant le spectacle

Générique

CRÉATION 2023
Pièce pour 5 interprètes

Chorégraphie Thomas Lebrun
Interprètes Antoine Arbeit, Raphaël Cottin, Arthur Gautier, Sébastien Ly, Nicolas Martel
Musiques Trio Monte Alban, Maxime Fabre, Susana Harp, La Bruja de Texcoco (arrangement Seb Martel), Banda Regional Princesa Donashii, Rocio Durcal, Hector Berlioz, Eddy de Pretto, extrait de MUXES, film d’IvanOlita, produit par Bravo Studio et avec la voix de Felina Santiago Valdivieso
Création lumières Françoise Michel
Création son Maxime Fabre
Création costumes Kite Vollard, Thomas Lebrun
Masques Ruua Masks
Conception scénographie Xavier Carré, Thomas Lebrun
Construction Atelier du T°, CDN de Tours
Régie générale Gérald Bouvet
Régie son Clément Hubert
Assistante sur le projet Anne-Emmanuelle Deroo
Chercheur anthropologue Raymundo Ruiz González
Remerciements Felina Santiago Valdivieso, Benito Hernandez

Photographies Frédéric Iovino


Production Centre chorégraphique national de Tours.
Coproduction Équinoxe — Scène nationale de Châteauroux, La Rampe-La Ponatière — Scène conventionnée-Échirolles.
Le CCNT est subventionné par le ministère de la Culture — DGCA — DRAC Centre-Val de Loire, la Ville de Tours, le Conseil régional Centre-Val de Loire, le Conseil départemental d’Indre-et-Loire et Tours Métropole Val de Loire.

Le spectacle en audiodescription ainsi que les ateliers de danse et de culture chorégraphique sont rendus possible avec le soutien de la Fondation VISIO, pour les enfants et les adultes déficients visuels

Sous les fleurs

Il n’y a pas de terme précis pour définir la féminité d’un homme, malgré toutes ses nuances. En France, en Europe, et dans une grande majorité du globe, l’homme féminin est difficilement accepté.
Souvent casé dans les minorités ou relégué dans les cas particuliers… Certaines religions ne reconnaissent pas même leur présence, voire interdisent leur existence… Et dans nos pays civilisés, tous les jours, des enfants sont rejetés par leurs familles, des jeunes gens sont agressés, défigurés jusqu’à en mourir, des hommes se cachent jusqu’à nier eux-mêmes leur existence, persécutés dès leur plus jeune âge par une virilité primaire et violente indélébile… pour cause de féminité émanante.

Dans différents coins du monde, il existe des endroits où l’homme féminin fait partie de l’Histoire, de la civilisation… où l’on élève parfois même ses enfants sans les genrer dès la naissance, mais en les regardant grandir… Les Mahus, en Polynésie française mais aussi à Hawaï, ont été chassés par la colonisation et l’intégrisme religieux. Chez certains peuples amérindiens, les deux esprits, qui définissent les hommes-femmes ou les femmes-hommes, étaient pourtant totalement tolérés et acceptés par leurs semblables.

Aussi, au sud du Mexique, dans la région de Oaxaca et plus précisément vers Juchitán, chez les Zapotèques existe ce que l’on peut appeler un troisième genre reconnu : les Muxes (prononcé « mouchés »). Elles ont et se donnent le droit de vivre pleinement leur féminité, de pratiquer des métiers traditionnellement réservés aux femmes (cuisine, broderie, coiffure…), mais elles ne peuvent se prêter à une vie conjugale exposée, ni avec un homme ni avec une femme, ni avec une autre Muxe. La plupart d’entre elles s’habillent quotidiennement en femme, et pour toutes occasions festives, elles portent des robes traditionnelles très colorées, à fleurs ou à motifs géométriques tissés à la main, fleurissent leur chevelure, se bordent de bijoux imposants et de dentelles… la tenue traditionnelle zapotèque.

Comme le dit Felina Santiago Valdivieso, l’une des Muxes les plus reconnues, rencontrée à Juchitán : « je ne suis pas une femme, je ne suis pas un homme, je suis Muxe ».

Pour cette pièce, j’ai réuni cinq danseurs (Antoine Arbeit, Raphaël Cottin, Arthur Gautier, Sébastien Ly et Nicolas Martel) et un chercheur mexicain anthropologue en danses traditionnelles mexicaines (Raymundo Ruiz González) : tous ont en eux cette féminité intérieure plus ou moins perceptible.

J’imagine ce projet comme un documentaire chorégraphique oscillant entre réalisme et onirisme… entre un pays où les hommes peuvent se marier entre eux mais où leur féminité est majoritairement refusée, et une région du monde où la féminité de l’homme est intégrée dans la culture, visible et majoritairement acceptée, mais où l’idée du couple ne peut l’être… Évoquer la féminité chez l’homme sans la noyer, comme c’est communément fait, dans un rapport à la sexualité.

Sous les fleurs,
Danse de femme ou danse d’homme,
Danse féminine dans un corps masculin,
Danse non genrée, tout en transformation continue,
État de danse, d’apparence ou de transparence…
Réalités contemporaines et traditionnelles de la place du corps et de ses pensées, de son esprit…
Rêver que les choses existent et évoluent, se souvenir qu’elles ont existé…

Sur les corps et au plateau, des couleurs discrètes d’ici et chatoyantes de là-bas.

Musicalement, Le Spectre de la rose de Berlioz chanté par un homme et par une femme (dans le ballet de Michel Fokine, le spectre de la rose est dansé par un homme…). Des mélodies de La Bruja de Texcoco, chanteur mexicain actuel qui pourrait nous rappeler un certain Antony and the Johnsons (aujourd’hui Anohni)… Des musiques traditionnelles de la région d’Istmeña… des paroles de Felina, des ambiances festives de Juchitán où nous sommes allés rencontrer les Muxes en juin 2022.

Thomas Lebrun

Thomas Lebrun

Interprète pour les chorégraphes Bernard Glandier, Daniel Larrieu, Christine Bastin, Christine Jouve ou encore Pascal Montrouge, Thomas Lebrun fonde la compagnie Illico en 2000, suite à la création du solo Cache ta joie !. Implanté enrégion Nord - Pas de Calais, il fut d’abord artiste associé au Vivat d’Armentières (2002-2004) avant de l’être auprès de Danse à Lille / Centre de Développement Chorégraphique (2005-2011). 

On prendra bien le temps d’y être, La Trêve(s), Les Soirées What You Want ?, Switch, Itinéraire d’un danseur grassouillet ou La constellation consternée sont autant de pièces que d’univers et d’esthétiques explorés, allant d’une danse exigeante et précise à une théâtralité affirmée. Depuis sa nomination au Centre chorégraphique national de Tours en janvier 2012, Thomas Lebrun a créé 19 pièces chorégraphiques et diffusé son répertoire avec plus de 1 200 représentations en France (Théâtre national de Chaillot, Biennale de la danse de Lyon, Festival d’Avignon…) comme à l’étranger (Angleterre, Belgique, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Croatie, Équateur, Finlande, Italie, Japon, Hong-Kong, Macao, Pays-Bas, Pérou, Russie, Suisse, Taïwan...).

Par ailleurs, Thomas Lebrun a co-écrit plusieurs pièces, notamment avec Foofwad’Imobilité (Le show / Un twomen show), Cécile Loyer (Que tal !) et Radhouane El Meddeb (Sous leurs pieds, le paradis).

Il chorégraphie également pour des compagnies à l’étranger, comme le Ballet National de Liaonning en Chine (2001), le Grupo Tapias au Brésil (Année de la France au Brésil en 2009), Lora Juodkaité, danseuse et chorégraphe lituanienne (FranceDanse Vilnius 2009), 6 danseurs coréens dans le cadre d’une commande du Festival MODAFE à Séoul (FranceDanse Corée 2012), les danseurs de la compagnie Panthera à Kazan en Russie (FranceDanse Russie 2015) et la compagnie singapourienne Frontier Danceland (2017). 

Parallèlement, il reçoit régulièrement des commandes. En juillet 2010, il répond à celle du Festival d’Avignon et de la SACD (Les Sujets à Vif) avec la création du solo Parfois, le corps n’a pas de cœur. De même, il chorégraphie et met en scène Les Fêtes d’Hébé, de Jean-Philippe Rameau, en mars 2017 pour l’Académie de l’Opéra national de Paris, présentées à l’Auditorium de l’Opéra Bastille à Paris et au Britten Theatre de Londres. En septembre 2023, ce sont Les Pêcheurs de perles de Georges Bizet pour l’Opéra national de Toulouse, qui sont dévoilés au Théâtre du Capitole. 

Pédagogue de formation, Thomas Lebrun place la transmission au cœur de sa démarche. Ainsi, il est intervenu entre autres au Centre national de la danse de Pantin et de Lyon, au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, à la Ménagerie de Verre, au Balletéatro de Porto, à la Formation du danseur interprète de Coline, au CNDC d’Angers... 

Depuis 2018 et en lien avec le CDCN de Guyane et Tropiques Atrium, scène nationale de la Martinique, il développe « Dansez-Croisez », un projet d’échanges et de croisements chorégraphiques avec les artistes des territoires ultramarins et de la Caraïbe en métropole et intervient en Guyane, Martinique, Guadeloupe et à Cuba. 

En juin 2014, Thomas Lebrun a reçu le Prix Chorégraphie décerné par la SACD et, en mars 2017, a été nommé au grade de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. En juin 2023, il a reçu le « Grand Prix » du meilleur spectacle chorégraphique de l’année 2022-2023 pour L’envahissement de l’être (danser avec Duras), décerné par le Syndicat professionnel de la Critique théâtre, musique et danse.

Aller plus loin

Découvrez les vidéo que nous avons sélectionnées pour vous.

Shot !

Une minute pour tout savoir sur le chorégraphe

Sur Numeridanse

Retrouvez l'univers du chorégraphe sur la plateforme Numeridanse
Prochainement à la Maison
22 mai
Youness Aboulakoul
AYTA

Six femmes forment un corps collectif, contre les tentatives de les faire plier. Youness Aboulakoul déploie un ballet contemporain de la résistance.

En savoir plus
17 > 19 juin
Amala Dianor &
Les Arts Florissants
Gesualdo Passione

Les interprètes — accompagnés par les airs des chanteur·euse·s à capella — déploient une danse oscillant entre élasticité et tension, nourrie d’une multiplicité de techniques et de styles, du classique aux danses hip hop et urbaines.

En savoir plus
Merci à nos partenaires pour leur soutien.