CRÉATION 2024
Pièce pour 9 interprètes
Chorégraphie Yann Lumi Joseph-Auguste
Ecriture collective – danseur·euse·s et musiciens Joakim Twizzy Chardonnens, Dereck Prudent, Nathan Nathy Kinsiona, Anaël Lypso Régent, Kristina Krissy Kunn, Mickaël Kara Saint-Felix, Amiel Mampouya, Junior Steve Phaonce Cadet, Kassy Bondoko
Lumière Xavier Lescat
Son Lucie Béguin
Direction artistique Amina Kilcher, Yann Lumi Joseph-Auguste
Production Garde Robe. Direction de production Céline Gallet.
Coproductions et soutiens Collectif FAIR-E / CCN de Rennes et de Bretagne ; Théâtre Louis Aragon — Tremblay-en-France, Initiatives d’Artistes en Danses Urbaines (Fondation de France — La Villette 2023). Avec le soutien de l’Auditorium de Seynod ; la Place — Paris et de la DRAC Île-de-France au titre de l’aide au projet et la Caisse des Dépôts.


Bounce, ce rebond qui donne un rythme dans les corps comme une boucle temporelle, apportant une résonance donnée par la musique.
Le « live and direct » laisse place à un éternel renouveau, et à une grande liberté scénique.
L’essai chorégraphique Bounce regroupe dix danseurs de S.O.W.
Avec Bounce, Sons of Wind affirment leur lien fort au hip hop freestyle et reviennent sur la manière dont le rebond inspire et nourrit le corps.
Qu’en est-il des origines de ce que nous voyons de nos jours partout à la télévision et dans les clips musicaux ? Au fil des années, les danses hip hop se sont développées et ont enrichi la danse de diverses manières. En effet, peu à peu, ces danses que l’on pourraient définir comme «sociales» ont été propulsées au devant de la scène - avènement des réseaux sociaux aidant. Cette forte visibilité s’est accompagnée d’une réflexion et d’une prise de conscience de la part des artistes concernés.
Ce projet est ainsi né de l’envie de partager ce que les membres de Sons of wind défendent au quotidien : ce va-et-vient permanet entre la musique et le mouvement où l’énergie, le bounce, le rock, le roll et le groove découlent du lien profond et unique que chaque danseur.se entretien avec la musique, en battle comme en club.
Ainsi, en plus d’en être le principal moteur, le corps sonore guide entièrement l’élaboration de ce projet. La présence singulière de la musique est mise en avant en toute sincérité. Ici, Sons of wind produira donc en majeure partie les morceaux présents dans la performance.
Les Sons Of Wind (SOW) incarnent un style de vie. Depuis leur création en 2013, ils·elles explorent l’univers du hip hop freestyle, dans le mouvement comme dans la musique, pour défendre au mieux un héritage culturel commun qui se conjugue du passé au futur.
Danseur hip hop, chorégraphe, producteur et membre co-fondateur du groupe Sons of Wind en 2013. D’origine guadeloupéenne et martiniquaise, il découvre la danse dès son plus jeune âge à travers les danses traditionnelles. C’est en 2010 qu’il s’intéresse à la culture hip hop. Il se spécialise dans le hip hop freestyle et remporte de nombreuses compétitions internationales.
Il partage ses connaissances en tant qu’enseignant, dans des écoles et au travers de workshop et ce partout dans le monde. Il est aussi appelé en tant que Jury/Dj/Guest dans de nombreux pays. En 2019 Il intègre la compagnie Black sheep et lance les podcasts de la chaîne vidéo youtube HippoH depuis 2021.
CRÉATION 2024
Pièce pour 5 interprètes
Chorégraphie Mounia Nassangar
Interprétation Suzanne Degennaro, Serena Freira, Oumrata Konan, Nicole Kufeld, Carla Parcianello
Beatmakeuse Maclarnaque
Scénographie, lumières Xavier Lescat
Costume, stylisme Lydie Tarragon, Mounia Nassangar
Création sonore Lucie BéguinProduction Cie Nassangar. Production déléguée collectif FAIR-E / CCN de Rennes et de Bretagne, association subventionnée par le ministère de la Culture (Direction régionale des Affaires culturelles / Bretagne), la Ville de Rennes, la Région Bretagne et le Département d’Ille-et-Vilaine. Coproduction CCN-Ballet national de Marseille dans le cadre de l’Accueil studio / ministère de la Culture, La Villette — Paris, La Place — Paris. Soutien Ville de Rennes dans le cadre de l’Appel à projet Accueil en résidence artistique. Cette œuvre a reçu le 1er prix au concours Danse élargie 2024 co-organisé par le Théâtre de la Ville — Paris, Boris Charmatz et [terrain], la Fondation d’entreprise Hermès, le Cndc — Angers et La Comédie de Valence, CDN Drôme-Ardèche. Création le 19 juin 2024, dans le cadre de (UNDER)GROUND à Rennes.


Avec du recul, ce burn out m’a bien eu. Il s’est installé lentement et/mais sûrement comme les 10 kilos qui s’installent. Certaines personnes l’ont vu venir, une en particulier. Mais j’étais dans le déni, « ça va super. Je ne me suis jamais sentie aussi bien que maintenant », sortais-je, avec une voix enjouée. J’en souris aujourd’hui. Cette personne me parle sans passer par quatre chemins. À l’étranger, je suis assise immobile à regarder dans le vide sans entendre ce qui se passe autour de moi. Pourtant je suis dans un battle de danse où il y a du bruit et de l’agitation. Mais rien ne parvient à retenir mon attention, rien ni même cette personne qui est pratiquement collée à mon épaule. Elle m’appelle plusieurs fois avant d’y parvenir.
Lorsqu’elle réussit à m’avoir, elle commence par « tu sais, j’ai fait un burn out pendant deux ans ». Surprise, je retiens mes larmes, fais comme si de rien n’était. Mais au fond de moi… bon y a R. On ne se connait pas tant que ça, on se croise rarement et pourtant elle a eu l’audace de me sortir ça. Je l’en remercie.
Cet épisode pas si lointain s’est majoritairement manifesté par le sentiment d’être coincée dans plusieurs parties de mon corps à des moments différents.
Pour illustrer cette sensation j’ai pas mieux que l’image de Daniel Kaluya dans Get Out s’enfonçant dans son fauteuil « le gouffre » qui devient peu à peu un vide infini, tout en étant conscient qu’il ne peut rien faire face à cette situation. Ou encore Betty Gabriel, toujours dans le même film, complètement dans le déni de ce qu’il lui arrive, qui sourit en pleurant et qui dit juste « non » à plusieurs reprises.
Ces scènes sont simples et à la fois puissantes et reflètent certains états
par lesquels je suis passée (du moins je me suis référée à ces scènes) que j’aimerais explorer à travers le whacking/ waacking*.
(*) Whacking est l’orthographe originelle de waacking
Intention deuxième partie
J’accorde autant d’importance aux mots qu’à la manière dont on va se comporter avec moi. Je pense que les mots et les actions peuvent détruire une personne. Mais ce sont aussi des outils d’amélioration puissants.
Tout ce que je sais (enfin, je pense) c’est que des traces sont laissées dans/sur le corps et qu’elles peuvent nous définir. Je pense au film SPLIT où le protagoniste décide de ne garder en vie qu’une seule personne car celle-ci a connu des souffrances comme lui. En constatant les mutilations qu’elle s’est infligée, il voit en elle un être plus pur que les autres prisonnières. Des mutilations qui ont laissé des traces visibles.
Je veux dire par là que les épreuves lourdes ou plus légères, joyeuses ou fatales, qu’on traverse, composent notre vie. Je ne veux pas parler de ces étapes comme une fatalité mais comme des étapes très lourdes à surmonter. Je ne parle que de ma propre expérience. Je l’ai appris en acceptant mon burn out sans jugement. J’ai décidé de reconnaître et d’agir en conséquence. Je me suis fait violence aussi. C’était nécessaire. Ne pas être au plus haut ou se sentir au plus bas, c’est simplement un aspect de la vie qui peut toucher n’importe qui, à n’importe quel moment. On peut le voir comme un fardeau ou une résilience. J’ai fait le choix de la résilience.
Et c’est ainsi que j’ai décidé de composer STUCK, en ne parlant pas forcément de la santé mentale directement mais en explorant les états par lesquels je suis passée, comment aujourd’hui je les regarde et comment ils cohabitent.
Mounia Nassangar
Figure incontournable du waacking en France et à l’international, Mounia Nassangar est chorégraphe, danseuse, actrice, modèle, DJ, productrice événementielle et directrice de sa propre compagnie de danse. Dansant depuis l’âge de 5 ans, elle est passée par le popping, le locking, le new style, la house dance, le dancehall et le street jazz avant de se spécialiser dans le waacking.
En 2018, Mounia a été révélée au grand public grâce au touchant Fashion Freak Show de Jean-Paul Gaultier aux Folies Bergère et au film Climax de Gaspar Noé, primé à la Quinzaine des réalisateurs lors du Festival de Cannes en 2018. En 2019, elle crée Oui, et vous ? une pièce Whacking avec le collectif Ma Dame Paris (créé par Sonia Bel Hadj Brahim, Josepha Madoki et Mounia Nassangar). En parallèle elle intègre la cie Blacksheep.
En 2022, elle chorégraphie Aya Nakamura dans le clip SMS où elle figure et opère en tant que movement director pour Kelela. En 2023, on peut la voir danser dans le clip de Travis Scott, MODERN JAM. Productrice d’événements, elle organise le festival Waack in Paris à la Gaîté Lyrique, au Carreau du Temple, lors de Nuit Blanche Paris ou du Defected Croatia.
Elle a également été assistante chorégraphe sur la campagne Idôle de Lancôme et a collaboré avec des marques comme Tommy Jeans (en social media), Jaeger-Le Coultre (pour la campagne Master). En tant que modèle, Mounia Nassangar a incarné les campagnes d’Evian x Balmain, Scandal de Jean Paul Gaultier et MAC Cosmetics. Elle prête son visage à Erborian, dont elle est l’une des égéries, et a défilé pour le créateur Burc Akyol. En 2023, elle a fondé sa propre compagnie de danse, cie.nassangar, au sein de laquelle elle a créé STUCK.
Biographie écrite par Donnia Ghezlaine-Lala, autrice et journaliste
Samedi 14 mars dès 18h30 : ateliers, projections, dj set... en savoir +
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